Lee Ufan, à l’école des choses

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«Tout ce que je vois a, bien sûr, les couleurs de l’expérience» , nous dit Lee Ufan, 87 ans, le grand artiste coréen qui a créé sa Fondation Lee Ufan à Arles et dont la Hamburger Bahnhof de Berlin offre une splendide rétrospective. Alexandre Tabaste

ENTRETIEN EXCLUSIVE – Comme le veut le Mono-ha, ce mouvement artistique japonais qui explore l’espace par la rencontre entre les matériaux naturels et industriels, le grand artiste coréen déjoue, à 87 ans, les réponses trop attendues. Sa fenêtre à Berlin regarde Bebelplatz, place de l’autodafé des 20 000 livres brûlés sur l’ordre de Joseph Goebbels, en 1933. Il réagit en intellectuel de l’art.

Envoyée spéciale à Berlin

«Lorsque l’on regarde à travers une fenêtre, on peut voir un paysage, une métaphore de la vie, une leçon philosophique. Quand je me tiens debout face à une fenêtre, je ne suis pas un simple être humain, dans l’état neutre que rechercheraient les philosophes. Tout ce que je vois a, bien sûr, les couleurs de l’expérience. En tant qu’artiste, il est pourtant possible de créer un certain moment pendant lequel s’infuse une certaine pureté philosophique qui permet de voir les choses pour elles-mêmes. C’est ce moment de détachement que je recherche dans mon travail.

Sans doute, une fenêtre est dans un sens un cadre ou une loupe à travers laquelle on regarde les choses. Sans doute, tous les êtres humains grandissent avec leurs propres fenêtres sur le monde, parce qu’ils ont une certaine structure. Plus on vieillit, plus cette structure devient complexe. On a plus de cadres au travers desquels regarder le monde, on voit plus de choses. Il y a des moments où la conscience…

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Content Source: www.lefigaro.fr

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