Qui est Andrés Reisinger, cet artiste digital inclassable

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Ce créateur multimédia brouille les frontières entre fiction et réalité à travers des images et des objets oniriques.

Il s’est fait connaître grâce sa page Instagram, 446 K abonnés au compteur. Pas mal! Sur son fil, on peut visionner des vidéos de fumerolles colorées en images de synthèse. On trouve également des façades de bâtiments à Tokyo, Londres, New York ou Paris habillées, par la magie du numérique, de ruchés de tulle rose. On doit surtout à Andrés Reisinger la création d’un fauteuil recouvert de 20 000 pétales de polyamide, découpés au laser, édité par Moooi. Un siège baptisé Hortensia, à l’origine simple rendu 3D posté en juillet 2018 sur sa page Instagram, qui, au regard de son nombre de likes, de l’intérêt d’acheteurs potentiels, sut convaincre le fabricant italien de l’intérêt d’une mise en production.

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Une installation virtuelle de tulle dans un paysage tokyoïte. 2023 Reisinger studio

Touche-à-tout de talent, ce designer et graphiste 3D, originaire de Buenos Aires, est aujourd’hui basé à Barcelone. Rompu depuis son plus jeune âge à l’usage des écrans, à l’interactivité des jeux vidéo comme à la fantaisie futuriste propre aux mondes virtuels, il participe de l’émergence d’une nouvelle génération de créatifs multimédia. À la fin des années 1990, alors âgé de 8 ans, le bambin se voit offrir son premier ordinateur.  Bien sûr, je voulais jouer à des jeux, se souvient-il, mais j’étais plus intéressé par la définition de mes propres univers que par ceux développés par d’autres.

Panorama d’un lac imaginaire rythmé de pois rose bubble-gum. 2023 Reisinger Studio

Jeune homme, il se forme au graphisme – art de mêler caractères typographiques, formes, couleurs et images – à l’université de Buenos Aires. Autre passion enfantine, la musique. Il suit des cours de guitare classique au conservatoire, d’où découle sans doute son goût des harmonies évanescentes.  

Image de synthèse d’une chaise de bureau devenue réalité, car autoéditée en série limitée. 2023 Reisinger Studio

Le rose exprime pour moi quelque chose de rassurant, de confortable, qui réfère au premier âge – à la couleur de la peau également.» Le rose, on le retrouve baignant ses vidéos, tapissant son mobilier, en all-over de visuels sirupeux. Jusqu’à l’écœurement parfois. Qu’importe, leur aura de modernité technologique et cette douceur cosmétique savent séduire moult marques, comme Christian Dior, pour qui Andrés Reisinger a développé un jardin d’Éden numérique inspiré du parfum Gris Dior, mais aussi Apple, Bally, Meta ou encore Samsung.

Intérieur fictif en image numérique. 2023 Reisinger Studio

Côté design produit, l’Argentin revisite avec habileté une forme de space age en vogue au tournant du millénaire, qui aujourd’hui revient en force. N’oublions pas qu’en 1999 déjà, Ora ïto, alors tout jeunot, se faisait remarquer avec un sac à dos Louis Vuitton virtuel, dessiné en 3D. Andrés Reisinger s’inscrit dans ses pas.

Motif de tapis tufté, Spring Pollen, créé pour l’éditeur Moooi. 2023 Reisinger Studio

Son talent à lui réside plutôt dans sa direction artistique et par son aptitude à définir un univers onirique, fantastique, sucré et rassurant, décliné à l’infini. Somme de son effervescence créative, il publie Inclassable, ouvrage autoédité retraçant son parcours des dix dernières années. Témoigne de sa capacité à connecter l’imaginaire et le tangible.  Tout cela est réel pour moi, puisque c’est ma réalité… Nous serons de toute façon de plus en plus amenés à vivre simultanément dans un monde numérique et dans le monde physique.»

Content Source: www.lefigaro.fr

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