Les Trois Mousquetaires – Milady séduit mais peine à porter le coup de grâce

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REVUE DE PRESSE – Entre effets spéciaux, scènes de combat d’anthologie et ambiance épique, le deuxième volet de la saga de Martin Bourboulon divise les critiques.

À peine huit mois après la sortie de d‘Artagnan , le deuxième film du diptyque de Martin Bourboulon, intitulé Milady, est en salle. Amitié virile, mouvements de capes et d’épées, humour et répliques enlevées avaient la part belle dans le premier volet qui a attiré plus de trois millions de spectateurs. Si ces ingrédients n’ont pas tous déserté, ce deuxième volet, où Eva Green règne en intrigante incandescente, ressemble beaucoup à une démonstration de prouesses chorégraphiques. Pour certains critiques, le film botte en touche ; d’autres pointent du doigt un coup d’épée dans l’eau.

Pour Le Figaro, Milady est – déjà – le chapitre de trop, alors qu’un troisième film serait en préparation. Étienne Sorin déplore des «péripéties qui se succèdent sans le souffle de l’aventure. (…) On n’est pas loin de l’invention du film de cape et d’épée sans cape ni épée.» Le réalisateur peine à transmettre à l’écran la profondeur et le caractère complexe d’un roman «touffu et tortueux». Si «la première partie faisait illusion», celle-ci ressemble plutôt à un «blockbuster en costumes», dont la fin ouverte «laisse le champ libre à un troisième volet. De quoi nourrir certaines craintes».

Ce sentiment de confusion est également pointé par Libération . Marius Chapuis regrette un film où «l’on se perd dans l’écheveau des intrigues et des coups fourrés». «Mais comme pour la première partie, l’ampleur des moyens, le souci des détails et la stylisation des personnages (…) compensent ce que l’on perd, hélas, en lisibilité d’une intrigue romanesque touffue», explique-t-il. Il loue un deuxième volet «visuellement réussi» qui «marque par ses duels hyperchorégraphiés et son refus de faire un récit manichéen» mais qui se montre «moins fraternel, moins pétillant et ripailleur. Moins en verve aussi.»

Il en est de même pour Le Monde, où Clarisse Fabre n’a pas succombé aux charmes de Milady : «La femme fatale se retrouve emportée dans un tourbillon de scènes répétitives (séduction, bagarres, fuites), un jour en brune, un autre en rousse… Trop de galops et de sabots, de plans filmés au ras des pattes de l’animal, ou en surplomb, vus du ciel. » Et de conclure: ce deuxième volet de la saga «peine à se renouveler et ne réussit pas à imposer son personnage féminin».

La vamp vénéneuse trouve grâce aux yeux de Télérama qui salue la «fougue» et «l’émotion» d’Eva Green. Et si Samuel Douhaire admet qu’il est «difficile (…) d’apprécier les dialogues lourdement explicatifs de cette adaptation à gros budget et gros sabots», il reconnaît que «le boulot est bien fait, et plutôt mieux que dans “D’Artagnan”» grâce à «des scènes d’action costaudes, voire spectaculaires».

France Info renchérit sous la plume de Jacky Bornet : «Dans ses atours liant le charme à une prestation physique dont elle a le secret, [Eva Green] ensorcelle, telle une Morgane gothique tissant une vengeance personnelle qui ébranlerait le royaume. Elle est le film.» «Si la première partie de cette nouvelle version, adaptée par Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, était une bonne surprise, leur vénéneuse “Milady” la surpasse.» Un avis partagé par Les Inrocks : «“Milady” se pose même un peu au-dessus de D’Artagnan, tant cette suite résout, d’une part, certaines grossièretés formelles du premier volet». Théo Ribeton se réjouit : «Bourboulon prouve que conjuguer adhésion des spectateur·ices, densité de l’intrigue et souffle de l’Histoire n’est pas une équation insoluble»… avant de nuancer : «Deux indéniables réussites, néanmoins dépourvues du moindre supplément d’âme : c’est chose faite. Trois, ou plus : ce sera trop.»

Les Echos , qui titrent «Un film de cape, d’épée et de garce», ont également été séduits par le jeu de l’actrice «reptile et sexy» qui éclipse ses partenaires masculins et donne une énergie nouvelle à la saga: «“Milady” s’inscrit plus dans le film d’espionnage, avec ses traîtrises et autres tiroirs.» Mais ces atouts ne suffisent pas à faire rêver Adrien Gombeaud qui décrète que «ce diptyque-là entrera dans l’attachante famille des films que les enfants revoient sur petit écran, au moment des fêtes, en attendant la dinde et le père Noël.»

Une estocade que pare Fabrice Leclerc de Paris Match qui conclut, enthousiaste : «Le casting demeure sans failles dans ce grand spectacle qui s’assume, divertissement pur imbibé d’un réel amour du cinéma chevaleresque.»

Content Source: www.lefigaro.fr

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