Pour Camélia Jordana, la «fachosphère» sabote Avant que les flammes ne s’éteignent

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Camélia Jordana. Abdullah Firas/ABACA

L’actrice de 31 ans déplore les attaques contre ce film sur les violences policières. Elle omet de dire que les critiques, notamment celle de Libération et du Monde, ne ménagent guère le long-métrage de Mehdi Fikri.

Avant que les flammes s’éteignent est sous le feu de la «fachosphère». Le nouveau film où Camélia Jordana tient le haut de l’affiche, réalisé par Mehdi Fikri et inspiré de l’histoire d’Adama Traoré est victime d’une campagne de sabotage par l’extrême droite, rapporte Libération dans un billet publié jeudi. Au matin du 15 novembre, jour de sortie du long métrage, il affichait la note de 1,4 étoile (sur cinq) sur le site spécialisé Allociné, avant même que la première séance de 9 heures ne débute. Un nombre important de nouveaux utilisateurs aurait volontairement attribué la note de zéro étoile, obligeant la plateforme à épingler sur son site un bandeau avertissant de la répartition inhabituelle des notes de ce film.

Camélia Jordana dénonce par ailleurs le cyberharcèlement dont elle se dit victime. «Qui peut rester insensible à la mort d’un enfant ? Qui peut rester de marbre devant la vie d’une famille endeuillée ? Spoil alert : la fachosphère dont les quelques neurones restants s’agitent à la simple évocation des termes “violences policières”», écrit-elle sur son compte Instagram. «Si ce film (…) ainsi que son regard dérangent, c’est bien qu’il dit quelque chose de notre société», ajoute-t-elle. Avant de glisser un petit mot à ses détracteurs : «Je ne laisserai personne remettre en doute ma place et mon appartenance à la République. Que cela plaise ou non, j’incarne la France d’aujourd’hui !»

Réalisé par Mehdi Fikri, ce long métrage raconte l’histoire d’une famille endeuillée après le décès de Karim, l’un des fils, lors d’un contrôle de police. Malika, sœur de Karim, incarnée par Camélia Jordana, s’empare de l’affaire afin qu’un procès ait lieu, mais sa quête de justice va bousculer l’équilibre de sa famille.

L’extrême droite récidive

Les cinéastes de la SRF (Société des réalisatrices et réalisateurs de films) s’inquiètent dans un communiqué du 22 novembre. «D’autres films, dont notamment Amin de Philippe Faucon en 2016, Rodéo de Lola Quivoron ou Les Engagés d’Émilie Frèche en 2022, ont déjà fait les frais de telles charges assorties de commentaires haineux imputables à des groupes d’extrême droite», ont-ils fait savoir par communiqué.

«Si nous, cinéastes de la SRF, restons viscéralement attachés à la liberté d’expression (dont fait partie l’appel au boycott), nous dénonçons vivement ces manœuvres d’intimidation car elles cherchent en réalité à pratiquer une censure de fait qui ne dit pas son nom, précisent-ils. Elles portent ainsi atteinte à la liberté de création des cinéastes et à la libre diffusion des œuvres. En attaquant la pluralité des récits et des sujets, c’est aussi le droit à la fiction, élément indispensable de la vie en démocratie, qu’elles mettent en péril».

De manière générale, le film peine à convaincre la presse. Certaines critiques ne sont pas tendres avec le premier long métrage de Mehdi Fikri, à l’image de celle du Monde , qui lui accorde la note de deux étoiles et une conclusion cinglante : «Le film, sans doute obligé par son sujet, est toutefois bien trop illustratif pour faire bouger les lignes esthétiques». Même constat chez Libération , qui regrette que le film ne dépasse pas «le stade des bonnes intentions». Pour Laura Tuillier, le film se perd dans des questions «d’ordre psychologique», oubliant «le côté politique de la rive», et «échoue à dévoiler les logiques de ce qui fait système».

Content Source: www.lefigaro.fr

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