Critique de « Mean Girls » : l’adaptation musicale a du mal à briller dans l’ombre de son prédécesseur

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Méchantes filles 2024, réalisé par Samantha Jayne et Arturo Perez Jr., et mettant en vedette un ensemble dynamique comprenant Renée Rapp, Auliʻi Cravalho, Angourie Rice, Tina Fey (qui a également écrit le scénario), Jaquel Spivey et bien d’autres. Cette adaptation musicale fait entrer la comédie pour adolescents classique de 2004 dans l’ère moderne avec des références culturelles mises à jour et une distribution plus diversifiée. Cependant, le film a du mal à justifier son existence au-delà des changements superficiels et échoue finalement à livrer une histoire cohérente et percutante qui n’offre que peu de nouveautés ou de convaincantes.

Méchantes filles est adapté du livre de Rosalind Wiseman de 2002, Queen Bees and Wannabes et est devenu une comédie musicale à Broadway en 2018, avec la musique de Jeff Richmond et les paroles de Nell Benjamin. Le film suit de près l’intrigue du film original et se concentre sur Cady Heron (Rice), une adolescente naïve qui a passé son enfance en Afrique avec ses parents. Sa vie prend une tournure dramatique lorsqu’elle déménage aux États-Unis et s’inscrit dans un lycée public. Peu familière avec les normes sociales et les cliques des lycées américains, Cady rencontre Janis (Cravalho) et Damian (Spivey), qui la guident à travers les différentes factions au sein de l’école, l’aidant à trouver sa place.

Le monde de Cady change lorsqu’elle rencontre les Plastics, la clique la plus populaire et la plus redoutée de l’école, dirigée par l’impitoyable Regina George (Rapp). Regina, avec ses fidèles disciples Gretchen Wieners (Bebe Wood) et Karen Smith (Avantika Vandanapu), règne en maître sur la hiérarchie sociale. Initialement repoussée par leur superficialité, Cady est finalement persuadée par ses nouveaux amis, Janis et Damian, d’infiltrer les Plastics et de les faire tomber de l’intérieur.

Le film original de 2004 était un phénomène culturel, s’inscrivant dans le lexique de la culture pop avec un esprit vif et des répliques mémorables. Pourtant, la version 2024 semble perdue dans sa tentative de réinventer la roue. Il tente d’approfondir les dialogues internes de Regina, Gretchen et Karen. Cette approche avait le potentiel d’ajouter des couches à leurs personnages, faisant d’eux plus que de simples intimidateurs archétypaux du lycée. Cependant, ce choix narratif finit par diluer l’impact des arcs de personnages individuels, car il introduit des complexités dans leurs personnalités sans les explorer de manière adéquate.

Les chansons servent principalement d’outils d’exposition plutôt que d’éléments organiques de l’histoire. Chaque numéro musical, souvent des monologues internes, interrompt le flux narratif au lieu de s’y intégrer de manière transparente. Cette incohérence dans la narration est encore exacerbée par l’adhésion incohérente du film à son format musical. Lorsque les chansons apparaissent, elles semblent souvent être des remplissages plutôt que des éléments qui enrichissent le récit, contribuant ainsi à un sentiment croissant de désengagement, particulièrement perceptible au troisième acte.

L’un des aspects les plus choquants du film est sa sexualisation accrue. L’histoire tente d’incorporer une esthétique de type Euphoria pour injecter un sentiment de camp, mais cette direction semble forcée et déplacée dans le contexte. Méchantes filles univers. Cet ajout est inutile, car il ne sert pas l’intrigue ni ne correspond à l’esprit du film original, qui traitait de la sexualité des adolescentes avec une touche plus authentique.

Cependant, au milieu de ses défauts, cette version met effectivement en avant le thème de la manipulation et de l’utilisation de Cady à des fins personnelles. Bien que ce thème soit présent dans l’original, il est exploré avec plus de clarté dans cette adaptation, offrant des commentaires perspicaces sur l’importance de la conscience de soi et de la conviction. La grâce salvatrice du film réside dans les performances d’Auli’i Cravalho et Renée Rapp. Leurs talents de chanteur exceptionnels sont des points forts indéniables, apportant l’énergie et le dynamisme indispensables au film. La présence de leur écran magnétique laisse entrevoir le potentiel qui aurait pu être réalisé avec un meilleur matériau source.

Faire des films est difficile. L’adaptation de comédies musicales en films l’est probablement encore plus. Alors que Méchantes filles 2024 tente louablement de moderniser et d’élargir son prédécesseur, mais il a finalement du mal à proposer un récit cohérent et engageant. Le manque de concentration du film, son intégration musicale incohérente et sa sexualisation excessive éclipsent ses quelques atouts. Le film de 2004 a consolidé sa place dans le cinéma et la pop-culture, tandis que la version de 2024 risque d’être oubliée.

Content Source: deadline.com

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