Critique de Crash Cœur, d’Eddy de Pretto | Chanter l’amour très fort

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Crash Cœur, troisième album d’Eddy de Pretto, donne aux chansons d’amour un côté galvanisant dont on raffole.


Eddy de Pretto annonçait cet album en assurant qu’il n’est pas là pour « vous caresser le poil tendrement ». Pourtant, il l’a aussi clairement dit, ce disque est un « album d’amour ». Il ne s’appelle pas Crash Cœur pour rien. On sent le cœur, on sent le crash : les mots sont souvent tendres et parfois très durs, les productions sont quelquefois douces, mais elles sont surtout percutantes.

Il y a souvent de la délicatesse dans les thèmes instrumentaux, mais elle se mêle à une envie de donner quelque chose de lourd. L’intention est limpide, le résultat est fructueux.

C’est de manière indépendante que l’auteur-compositeur-interprète sort ce troisième disque. Et ce n’est pas un détail, car on sent plus que jamais sa confiance en son art, sa direction, nette et précise. Il sait comment il veut nous faire danser (ou parfois pleurer) et son identité est clairement imprimée sur chacun de ses morceaux.

Les mots d’Eddy de Pretto sont rarement vains, il a des messages à faire passer et sa musique sert beaucoup à ça. Parfois, ce qu’il veut dire, c’est qu’il aime, qu’il a mal, qu’il se sent seul, mais il exprime aussi ses critiques du monde qui l’entoure. Sur être biennn, il aborde son estime de soi, qu’il veut plus solide, mais aussi la façon dont les standards de la société affectent l’opinion qu’il a de lui-même. Ses textes sont queers, souvent impudiques, ficelés à merveille.

Avec maison, poignante chanson de rupture, il revient au piano-voix qui vient adoucir le tempo plus frénétique de la plupart de l’album. Un peu avant, le seul duo de l’album, sur la chanson eau de vie, avec Juliette Armanet, est complètement imprégnée de ce R & B des années 2000 que de Pretto est allé chercher dans ses collaborations à Los Angeles (avec Marlon B et Sacha Rudy, notamment). S’il répond à tous les clichés du genre, il y ajoute aussi une touche moderne, une touche qui ramène à cette identité que l’on expliquait plus tôt si présente sur cet album.

En 36 minutes, un album qui s’écoute d’une traite, Eddy de Pretto rappelle combien il est essentiel dans la pop française.

Extrait de urgences 911

Crash Cœur

Pop

Crash Cœur

Eddy de Pretto

Otterped Records

7,5/10



Content Source: www.lapresse.ca

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