Des coulisses à la scène | Le grand cœur de Damien

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Damien Robitaille présente un peu partout, pour la troisième année, un spectacle de Noël à son image, bon enfant, ingénieux et généreux. Le rassembleur auteur-compositeur-interprète nous a gentiment accueillis dans les coulisses de la représentation qu’il a donnée au Théâtre de la Ville à Longueuil, vendredi dernier.




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On a rendez-vous avec Damien Robitaille en début d’après-midi. Il connaît bien le Théâtre de la Ville – il vit maintenant à Belœil, mais il a résidé à Longueuil pendant 10 ans. « C’est ici qu’on a monté le show, on avait fait une petite résidence. » Le chanteur franco-ontarien a repris la route à la fin de novembre avec son spectacle de Noël pour une vingtaine de représentations, qui le mène du Lac-Saint-Jean à la Beauce, et le fera passer par le Casino de Montréal et le Grand Théâtre de Québec la semaine prochaine.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Damien Robitaille

Pendant qu’on discute autour de la table, dans la salle commune des loges, son directeur de tournée et sonorisateur Mathieu Sévigny, qui le suit depuis six ans, lui sert un expresso directement de la machine qu’ils apportent avec eux en tournée.

« Mathieu, c’est comme un frère. Je suis tellement chanceux de l’avoir. Je n’ai jamais autant voyagé avec quelqu’un ! »

Depuis la sortie de son album Bientôt ce sera Noël en 2019, Damien Robitaille est devenu un symbole du temps des Fêtes. Il a d’ailleurs sorti deux nouvelles chansons originales cette année, Mon étoile de Noël et Noel, Once Again, qu’il a intégrées au spectacle. Mais qu’est-ce qui fait une bonne chanson de Noël ?

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Damien Robitaille s’en va faire son test de son.

« La nostalgie joyeuse. » Créer du nouveau en s’inspirant du passé – les références sonores et le champ lexical à respecter, les arrangements.

C’est toujours ça, Noël, c’est le retour aux traditions.

Damien Robitaille

Mais il faut surtout « être vrai ». C’est ce qu’il a fait, composer avec sincérité un bouquet de chansons en y mettant cœur et effort, et tout son amour pour la musique de Noël.

Installation

  • Vers 15 h, Damien Robitaille va dans la salle rejoindre ses techniciens et ceux du théâtre. Il aime bien la routine de tournée, qui lui avait manqué : il n’a pas donné de spectacle depuis le 28 décembre 2022. « Ça fait du bien de partir sur la route. J’étais nerveux au début, je me demandais : j’ai tu perdu de quoi ? Mais ça revient vite ! »

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Vers 15 h, Damien Robitaille va dans la salle rejoindre ses techniciens et ceux du théâtre. Il aime bien la routine de tournée, qui lui avait manqué : il n’a pas donné de spectacle depuis le 28 décembre 2022. « Ça fait du bien de partir sur la route. J’étais nerveux au début, je me demandais : j’ai tu perdu de quoi ? Mais ça revient vite ! »

  • Le spectacle est essentiellement le même qui a été mis en scène il y a trois ans par Laurent Paquin. Une grande différence : le budget, qui a diminué, ce qui a forcé le chanteur à réduire son équipe. Ils ne sont maintenant que trois musiciens sur scène plutôt que cinq, et deux techniciens au lieu de trois. « L’an dernier j’avais un technicien qui s’occupait des instruments. Là, on installe nos choses. Je mets la main à la pâte, ça me fait une petite job de plus. »

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Le spectacle est essentiellement le même qui a été mis en scène il y a trois ans par Laurent Paquin. Une grande différence : le budget, qui a diminué, ce qui a forcé le chanteur à réduire son équipe. Ils ne sont maintenant que trois musiciens sur scène plutôt que cinq, et deux techniciens au lieu de trois. « L’an dernier j’avais un technicien qui s’occupait des instruments. Là, on installe nos choses. Je mets la main à la pâte, ça me fait une petite job de plus. »

  • Damien Robitaille installe son équipement sur son tapis dans le centre de la scène, en sifflant. Il monte sa batterie, ajuste son tabouret, s’assure que son piano est bien placé sous les éclairages. Pendant que tout le monde s’active, il passe de longues minutes à coller un autocollant sur sa caisse.

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Damien Robitaille installe son équipement sur son tapis dans le centre de la scène, en sifflant. Il monte sa batterie, ajuste son tabouret, s’assure que son piano est bien placé sous les éclairages. Pendant que tout le monde s’active, il passe de longues minutes à coller un autocollant sur sa caisse.

  • Le chanteur s’installe au piano et la transition vers le test de son se fait doucement. Il faut tout vérifier, car de nombreux instruments seront utilisés – lui-même en joue plusieurs. « Avant, on avait une drummeuse et une choriste, mais on ne pouvait pas se le permettre cette année. Alors c’est moi qui joue du drum tout le long. C’est le spectacle le plus physique que j’ai donné en carrière ! »

    PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

    Le chanteur s’installe au piano et la transition vers le test de son se fait doucement. Il faut tout vérifier, car de nombreux instruments seront utilisés – lui-même en joue plusieurs. « Avant, on avait une drummeuse et une choriste, mais on ne pouvait pas se le permettre cette année. Alors c’est moi qui joue du drum tout le long. C’est le spectacle le plus physique que j’ai donné en carrière ! »

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Débrouillardise

Pendant le test de son, c’est déjà impressionnant de le voir assurer le rythme tout en jouant du piano et en chantant. Sérieusement, on se demande comment son cerveau fonctionne. Il ne sait pas trop quoi répondre, sinon que c’est une question de répétition. « Ce sont des muscles qui répètent toujours la même chose. À force de le faire, tu es habitué que tes doigts fassent une chose en tapant du pied. »

Il y a quelque chose d’ingénieux dans son plan de travail, qu’il a amélioré avec les années. C’est une question de nécessité : les conditions financières étant de plus en plus difficiles, les artistes de sa génération sont devenus plus créatifs dans leur façon de faire, estime-t-il.

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Damien Robitaille et son attirail

C’est graduellement, à travers plein de tournées où j’ai dû être débrouillard, que ça m’a amené à être homme-orchestre.

Damien Robitaille

C’est bien sûr en créant des chansons du jour sur le web pendant la pandémie que Damien Robitaille a raffiné sa technique – le maraca qui tient avec une attelle autour du genou, c’est quand même brillant ! S’il en fait moins maintenant, on peut dire qu’en 327 fois, il a acquis une certaine expertise. Et il continue d’aimer le défi que ça représente, tant pour jouer les chansons que pour les monter.

C’est ça, être un artiste, c’est se réinventer continuellement, apprendre de nouvelles choses. C’est comme ça qu’on grandit.

Damien Robitaille

En famille

  • Moment important : bien choisir sa chemise !

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    Moment important : bien choisir sa chemise !

  • C’est l’heure de se préparer.

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    C’est l’heure de se préparer.

  • Moment de détente

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    Moment de détente

  • L’ambiance est détendue avant le spectacle.

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    L’ambiance est détendue avant le spectacle.

  • Un petit geste d’encouragement avant de monter sur scène

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    Un petit geste d’encouragement avant de monter sur scène

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Après le test de son, la petite équipe se retrouve pour manger : Damien, Mathieu Sévigny, l’éclairagiste Marc-André Alie, la bassiste Marie-Anne Arsenault et le multi-instrumentiste David Simard. « J’adore ça. On se voit juste à Noël, comme la famille ! », dit le chanteur. Après le souper, la complicité est joyeuse dans les loges pendant qu’on se prépare pour le spectacle. Les trois musiciens écoutent une chanson camerounaise qu’ils viennent de découvrir, Damien choisit son ensemble pour la soirée et repasse sa chemise. Sent-il encore du stress avant un spectacle ? « Un petit moment, oui, mais pas comme avant ! Et comme c’est un spectacle plus monté, c’est plus la routine. » On confirme en tout cas que cinq minutes avant de monter sur scène, il était encore assis sur le sofa en train de jaser…

Le spectacle

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La scénographie est chaleureuse.

La salle de 900 places est pleine, à l’image du reste de la tournée. Et on comprend pourquoi Damien Robitaille attire le public : son spectacle est réjouissant et léger, et il fait un bien fou. Pendant deux bonnes heures, il se donne sur scène, bien appuyé par les musiciens – David Simard est un multi-instrumentiste de talent qui amène avec le violon, la mandoline et la podorythmie un élément très festif, alors que la douée bassiste Marie-Anne Arsenault assure aussi les chœurs avec entrain.

Entouré de sapins, avec des fenêtres qui laissent entendre qu’il nous reçoit dans son salon, Damien Robitaille alterne donc entre ses chansons de Noël (et de pas Noël aussi, adaptées avec un clin d’œil) et des classiques des Fêtes qu’il met à sa main, interagit beaucoup avec le public et s’amuse manifestement autant que nous.

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Une salle comble pour Damien Robitaille

La manière Damien Robitaille, c’est de ne pas se prendre au sérieux pour deux sous tout en offrant un spectacle généreux dans tous les sens du terme. Le segment consacré à un florilège de chansons du jour est spectaculaire. Seul au piano avec tout son attirail, il interprète une quantité phénoménale de titres pendant au moins 40 minutes – il en aurait fait la moitié moins et on aurait déjà été impressionnés. Il termine cette partie littéralement en nage, mais même si c’est physiquement demandant, jamais on ne le voit s’économiser.

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Un spectacle franchement généreux

S’il y a des moments plus tendres ou qui amènent au recueillement, c’est d’abord et avant tout un spectacle festif et drôle. Et généreux, on ne le répétera jamais assez : Damien Robitaille joue et chante de tout son cœur, avec tout son cœur, tout le temps. On ne peut que l’admirer pour ça, et l’aimer encore davantage.

La tournée de Damien Robitaille se poursuit jeudi à Thetford Mines. Le chanteur sera également à Montréal pour deux soirs, les 19 et 20 décembre.



Content Source: www.lapresse.ca

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