Le Nuc plus ultra : le revenant anglais Peter Gabriel et les Américains de REM

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Au programme cette semaine, I/O, premier album original de Peter Gabriel en 21 ans, et la ressortie du Up du groupe de Michael Stipe.

Peter Gabriel, la passion intacte

Il aura fallu 21 longues années à Peter Gabriel pour donner une suite à son album UP. Bien sûr, le Britannique n’a pas été inactif pendant cette période. Il a enregistré un album de reprises assez conceptuel, et consacré un album et une tournée autour de versions de perles de son propre répertoire. Et il y eut aussi la tournée célébrant l’anniversaire de So, son plus grand succès. Annoncé il y a un an, découpé en plusieurs séquences publiées à l’occasion de chaque pleine lune, i/o arrive quelques mois après le dernier passage parisien de son auteur.

Entendu dans sa globalité, l’album est sidérant, rejoignant illico les meilleures pièces d’une discographie de dix albums originaux seulement. Puissant, vibrant, émouvant, i/o est une somme réalisée avec la complicité des fidèles lieutenants de l’artiste (Manu Katché, Tony Levin et David Rhodes). Disponible en deux versions (un mix de Mark Stent plutôt brillant, et l’autre, signé Tchad Blake, plus sombre), i/o est une somme de chansons à la fois graves et empreintes d’optimisme. Gabriel, 73 ans, pose son regard lucide mais jamais détaché sur le monde tel qu’il va (mal), sans donner de leçons mais en transmettant de l’espoir. Très en voix, ultra-concerné, Peter Gabriel livre ici un chef-d’œuvre tardif. Un de ces disques qui ne se révèlent pleinement qu’au bout d’un certain nombre d’écoutes. De quoi patienter 20 ans avant le prochain ?

i/o (Virgin/Universal Music)

R.E.M, la réinvention forcée

En 1998, soit quinze ans après la sortie de leur premier album, Murmur, la formation du sud des États-Unis était à un tournant de son histoire. Le succès planétaire de Losing My Religion avait fait de ce quatuor un des plus grands groupes des années 1990, l’équivalent américain de U2. Victime d’une rupture d’anévrisme en pleine tournée mondiale, leur batteur Bill Berry avait par la suite quitté le groupe après un dernier album pour devenir fermier. Michael Stipe (chant), Peter Buck (guitare) et Mike Mills (basse) décidèrent de continuer à trois. L’album Up est le résultat de cette nouvelle situation.

Troquant la batterie acoustique pour des machines, REM prit alors une direction plus électronique et expérimentale, loin du rock de stades de Monster. Up est donc le son d’un groupe qui se réinvente, et cherche en profondeur la force de continuer. C’est ce qui rend ce disque fascinant. Incompris à sa sortie, peu vendu, le disque a pris une belle patine alors que paraît cette réédition bienvenue. Les influences conjuguées de Brian Eno et Brian Wilson achèvent de rendre cet album unique. Le groupe cessera d’avancer après ce disque-là. Parallèlement à la ressortie en coffret de Up, les quatre albums ultérieurs de REM ressortent en vinyle. Reveal et Around the Sun, sortis respectivement en 2001 et 2004, sont toujours aussi ennuyeux, mais les deux dernières productions des Américains, le bien nommé Accelerate puis Collapse into Now ont encore belle allure. Séparés en 2011 après un dernier tour du monde, Stipe, Buck et Mills ont juré qu’on ne les reprendrait plus et tiennent parole pour l’instant.

Up (Craft/Universal Music)

Content Source: www.lefigaro.fr

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