L’histoire d’amour d’Half Moon Run et Montréal

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Half Moon Run a fait languir ses admirateurs montréalais cette année. Quelque six mois se sont écoulés depuis la sortie de son plus récent album, Salt. Mercredi soir, enfin, le trio rentrait au bercail.


C’était le premier de deux concerts consécutifs à guichets fermés au MTelus. Lorsque des artistes font salle comble ici, ça se sent. Avant même que le groupe ne débarque, on peine à circuler et l’agitation des 2000 personnes attendant l’arrivée de Devon, Dylan et Conner fait monter une tension palpable. Puis sonnent 21 heures et les lumières se tamisent. Les cris de la foule, immédiats, sont sans équivoque : comme toujours, Half Moon Run recevra à la maison un accueil triomphal.

Le spectacle défend le nouvel opus du trio, un album dont les mélodies et les mots nous séduisent, sans trop d’explosions instrumentales ou grands artifices. Le concert reste dans la même veine : on est ravis par l’excellence des musiciens, qui donnent sur scène une vie nouvelle à leurs morceaux, et le tout est exécuté dans une certaine sobriété. Le décor lui-même reste simple, quelques accessoires en arrière-plan, rien de plus. Les superbes éclairages en font énormément pour donner à la prestation tout son impact visuel.

Quant à la musique, elle est ravissante. Half Moon Run est de ces groupes dont on sent toute l’application (et le talent, bien sûr) lorsqu’ils sont sur scène. On devine le travail qu’ils ont mis dans l’élaboration du spectacle, dans la pratique de ces chansons qu’ils nous livrent toujours de manière impeccable. Cette rigueur tangible ne leur enlève pas leur énergie communicative et enlevante, qui parfois se fait plus sentir qu’à d’autres moments beaucoup plus contenus. Pour les accompagner, le Quatuor Esca se joint souvent aux trois musiciens sur scène, offrant leur apport toujours bienvenu à l’interprétation des pièces majoritairement tirées de l’album Salt.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Conner Molander de Half Moon Run.

L’heure et demie de concert permet ainsi de jouer la presque totalité de ce disque paru en juin dernier, mais également de parsemer le moment de quelques pièces favorites des trois albums précédents du groupe.

You Can Let Go lance la prestation. Hotel in Memphis suit, puis Everyone’s Moving Out East enchaîne. Quand il est temps, ensuite, de remercier le public pour sa présence, les acclamations nourries de la foule soutirent un rire satisfait au meneur, Devon. Il doit être grisant de sentir une telle affectation d’admirateurs qui ne semblent jamais manquer d’enthousiasme. Half Moon Run a le mérite d’être tout aussi généreux avec son public en retour.

Le spectacle se poursuit et le groupe montre ce qu’il a réussi à créer avec ses propres chansons, en les rendant plus complexes et surprenantes. Une introduction instrumentale se prolonge, un couplet change de ton, des silences se maintiennent pour que les notes qui suivent résonnent avec plus d’intensité. La voix de Devon, parfois aventureuse, suscite des moments enchanteurs. Dylan, multi-instrumentistes, mais d’abord batteur, joue à l’homme-orchestre et amène à lui seul plusieurs couches de textures musicales. Conner, en plus de tenir la mélodie, de transporter la foule avec ses solos d’harmonica ou de clavier, déborde d’une énergie contagieuse.

PHOTO DOMINICK GRAVEL, LA PRESSE

Half Moon Run au MTelus.

Razorblade, qui laisse place à une prenante envolée, est suivi d’une ovation de la foule, ravie. Un peu plus tard, une longue introduction à la guitare ouvre la porte vers le populaire riff de Call Me in The Afternoon. L’exaltation du public est décuplée. Grow Into Love, Devil May Care, Goodbye Cali mènent à I Can’t Figure Out What’s Going On, qui donne lieu à une superbe transition jusqu’à She Wants To Know, qui elle se mêle ensuite à You Can Let Go. Le groupe s’amuse encore à remodeler ses chansons, à nous amener ailleurs avec ces pièces que plusieurs connaissent par cœur dans la salle. Ses admirateurs semblent beaucoup apprécier.

Si bien qu’après un peu plus d’une heure, un rappel assourdissant ramène rapidement le trio sur scène pour Need It, Favorite Boy et Full Circle. Un second rappel leur permet de revenir avec le Quatuor Esca pour une toute dernière chanson, Give Up, qui conclut la soirée dans un enivrant éclat final.



Content Source: www.lapresse.ca

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