The Dark Side of the Moon | L’album parfait

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Après des errances psychédéliques en dents de scie, le groupe britannique Pink Floyd lançait son huitième album, The Dark Side of the Moon, il y a 50 ans. Plongée au cœur de ce chef-d’œuvre du prog rock.




Paru en mars 1973, l’album The Dark Side of the Moon marque un tournant dans l’œuvre de Pink Floyd. Les influences psychédéliques du groupe restent, mais l’album ne contient plus de longues explorations instrumentales. L’heure n’est plus à la recherche de textures sonores, mais au besoin d’être à la hauteur. Le groupe réussit à sublimer l’avant-garde des innovations technologiques de l’époque dans des chansons plus courtes et mélodiques qui, malgré tout, demeurent planantes. L’efficacité des sons est redoutable et rien n’y est superflu.

Si l’album amorce le cycle de Roger Waters à titre de compositeur principal, le jeu de guitares sublime de David Gilmour transcende le disque. Même les paroles deviennent plus claires et directes.

PHOTO TIRÉE DU SIT WEB D’ALAN PARSONS

Alan Parsons dans son studio

L’efficacité des Beatles

L’apport de l’ingénieur Alan Parsons sur le son de l’album est indéniable. Parsons avait fait ses classes au célèbre studio des Beatles, Abbey Road. Il avait notamment enregistré les albums Let It Be et Abbey Road des Beatles. Une de ses dernières collaborations avec les Beatles remontait au fameux concert du groupe sur le toit du studio Apple Corps, qui a aussi été leur dernier spectacle. Son travail sur l’album lui vaudra une sélection aux prix Grammy.

Une voix époustouflante

PHOTOMONTAGE LA PRESSE

Clare Torry

On doit à Alan Parsons l’élan de génie de recruter la chanteuse choriste Clare Torry. La frêle Britannique pousse le magnifique solo vocal entendu sur The Great Gig in the Sky, une pièce d’anthologie. Tout comme les musiciens, Torry ne savait que faire sur cette pièce.

Après quelques prises sans intérêt, elle décide de chanter comme si elle était elle-même un instrument. Elle enfile sa longue improvisation d’une traite. La chanteuse tente de refaire un deuxième essai, mais l’interrompt au milieu, trouvant l’enregistrement redondant. Elle quitte le studio sans savoir si sa prestation sera retenue.

Clare Torry n’apprendra sa participation à l’album qu’en achetant le disque.

Curieusement, Torry ne chantera cette chanson qu’une seule fois sur scène avec le groupe, plusieurs années plus tard. Elle n’avait reçu que 30 livres sterling (60 $ CAN) pour cette prestation sur l’album et a dû poursuivre EMI et Pink Floyd pour qu’on reconnaisse ses droits d’auteur. Son apport est finalement admis en 2005.

Le prisme

PHOTO FOURNIE PAR LA MAISON DE DISQUES

Le fameux prisme de la pochette de Dark Side of the Moon

Le graphiste Storm Thorgeson était l’ami de Syd Barrett (premier chanteur de Pink Floyd) et du bassiste Roger Waters, qu’il avait connus à Cambridge à l’école secondaire. Thorgerson et Aubrey Powell avaient fondé l’agence Hipgnosis qui avait pondu légion de pochettes de disques de groupes très populaires comme Led Zeppelin, Genesis, Styx, Yes, Black Sabbath, Paul McCartney, etc.

PHOTO TIRÉE DE LA VIDÉO SQUARING THE CIRCLE

Storm Thorgerson

Seul membre du groupe réellement intéressé au design de la pochette, le claviériste Richard Wright avait demandé à Thorgeson de concevoir une pochette simple et audacieuse. Thorgerson était l’auteur de plusieurs autres pochettes de Pink Floyd et son art contribuait parfaitement à la mystique du groupe. Cinq concepts avaient été proposés, mais l’idée du prisme où se fractionne la lumière avait plu. La jaquette de l’album est devenue un classique.

Pochettes de pink floyd créées par Thorgerson et Hipgnosis

  • 1968 A Saucerful of Secrets

    IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON DE DISQUES

    1968 A Saucerful of Secrets

  • 1969  More

    IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON DE DISQUES

    1969 More

  • 1969 Ummagumma

    IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON DE DISQUES

    1969 Ummagumma

  • 1970  Atom Heart Mother

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    1970 Atom Heart Mother

  • 1971  Meddle

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    1971 Meddle

  • 1972  Obscured by Clouds

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    1972 Obscured by Clouds

  • 1975  Wish You Were Here

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    1975 Wish You Were Here

  • 1977  Animals

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    1977 Animals

  • 1987  A Momentary Lapse of Reason

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    1987 A Momentary Lapse of Reason

  • 1994  The Division Bell

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    1994 The Division Bell

  • 2001  Echoes : The Best of Pink Floyd

    IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON DE DISQUES

    2001 Echoes : The Best of Pink Floyd

1/11

Le jeu des cartes et le mot de la fin

Tout au long de l’album, des voix déclament de courtes phrases. « I’m not afraid of dying… », peut-on entendre sur The Great Gig in the Sky. Ces enregistrements sont le résultat d’un curieux petit jeu du groupe. Chaque personne qui entrait dans les studios Abbey Road se voyait remettre une carte sur laquelle était inscrite une question. La question pouvait être parfois anodine, parfois profonde, mais la réponse était enregistrée.

Techniciens, roadies, épouses… tout le monde y passe. Même Paul McCartney, dont on n’a pas retenu de passages. Le portier du studio, l’Irlandais Gerry O’Driscoll, a droit à la dernière citation avec son solide accent : « There is no dark side of the moon, really. As a matter of fact, it’s all dark » clôt l’album. En fait, il avait ajouté que c’est le soleil qui rend la lune lumineuse. Une partie jugée trop optimiste pour figurer sur l’album…

L’argent, c’est un crime

Critique sarcastique du consumérisme, la chanson Money est l’extrait qui se vend le mieux. L’album, lui, reste au palmarès Billboard 200 durant 736 semaines d’affilée. Les 45 millions d’albums vendus permettent d’engranger des recettes faramineuses.

Curieuse ironie pour un groupe qui a donné une bouchée de pain à la chanteuse Clare Torry et payé l’ingénieur de son Alan Parsons 35 livres sterling par semaine pour la durée de la séance d’enregistrement. Les effets sonores de la caisse enregistreuse du début de la chanson résonnent encore…

En savoir plus

  • La Black Strat
    La Fender Stratocaster 1969 de David Gilmour utilisée sur l’album, appelée Black Strat, a été vendue aux enchères en 2019 pour près de 4 millions US, la vente de guitare la plus chère jamais réalisée.

    Musicienne de studio
    Clare Torry n’a mis que trois heures à enregistrer sa fameuse participation. Déçue de sa performance qu’elle qualifiait de longs miaulements, elle s’est excusée auprès des musiciens après la séance.



Content Source: www.lapresse.ca

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