Joailliers et créateurs cèdent au charme des diamants bruns

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La collection Talisman de De Beers est pavée de diamants bruts et taillés, bruns, blancs et jaunes. De Beers

Les spécimens plus blancs que blancs n’ont plus le monopole des cœurs. Les créateurs se délectent de ceux affichant des teintes chaudes qui ont longtemps été dénigrés mais s’avèrent aussi éclatants et moins onéreux.

La reine des pierres se taille aujourd’hui un tel succès qu’il est parfois difficile de s’y retrouver dans une offre qui balaie tout le spectre. « Les diamants sont classés par catégories, éclaire Jean-Charles Pascoli, ancien courtier devenu consultant indépendant. Il y a les blancs, rares, dont la couleur va de D à Z, sachant que les joailliers n’utilisent que les D, E et F très recherchés, et pour certains les G et H un peu moins éclatants et donc plus abordables. Ensuite il y a les “fancy”, c’est-à-dire ceux affichant une couleur fantaisie (jaune, rose , bleu et vert) et une intensité remarquable (appelée “vivid”), qui sont encore plus rares et chers que les blancs. Enfin il y a les gris et bruns, classés des plus soutenus surnommés “cognac” aux “champagne”, plus doux. Quant aux noirs, ils n’existent pas à l’état naturel, il ne s’agit pas de spécimens blancs de couleur Z… Ce sont des pierres chauffées pour couvrir les impuretés. » Et les écarts de prix au carat entre les uns et les autres vont de 1 à 300.

Collier Basilik serti de diamants cognac, Selim Mouzannar. sdp

Des teintes dans l’air du temps

« Mais il existe une beauté intrinsèque au diamant, et ce quelle que soit sa couleur, défend Andrew Coxon, expert parmi les experts chez De Beers. Si un diamant chaud peut être acquis, à poids égal, pour une valeur inférieure à celle d’un spécimen d’un blanc froid, son éclat est tout aussi exceptionnel lorsqu’il est bien taillé. » Ce spécialiste charismatique n’est pas le seul à le penser. Le regard sur ces brillants a changé il y a une vingtaine d’années.

Bague Yellowstone, Sophie d’Agon. sdp

À cette époque, la fameuse mine d’Argyle en Australie – qui a fermé depuis – donne les plus beaux diamants roses au monde, mais dans des quantités infinitésimales. Le gros de sa production est plutôt couleur café, plus ou moins corsé. Mais le sens du marketing des producteurs a fait des miracles, au point de transformer un diamant considéré de piètre qualité en une matière désirable et pleine de charme, comme en témoigne la fameuse collection Talisman de De Beers devenue un best-seller international.
Depuis quelque temps, les créateurs de joaillerie se ruent sur les gemmes aux teintes automnales soutenues par un marketing malin qui les a rebaptisées « cognac », « champagne », « salt and pepper »…

Bague Foudre pavée de diamants champagne, Isabelle Langlois. sdp

La créatrice Isabelle Langlois se souvient ainsi de son père, négociant émérite, s’exclamant « c’est du sel ! » devant des diamants pas complètement blancs. « Cette image qualifiait les petits modèles très inclus de givres, ressemblant vraiment à du gros sel, raconte-t-elle. Pendant longtemps, ces pierres n’étaient pas utilisées par les joailliers. Mais les goûts évoluent ; aujourd’hui, j’aime beaucoup ceux affichant des teintes subtiles grises ou brunes. Ils ont un côté mystérieux et apportent un twist intéressant à un bijou aussi générique qu’une bague tonneau par exemple. »

Content Source: www.lefigaro.fr

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