Mike Horn, Thomas Pesquet, Buzz Aldrin… Les montres extrêmes des explorateurs

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Les explorateurs ont-ils encore besoin d’aiguilles ou de devoir mesurer le temps pour arpenter les confins de la terre, les profondeurs des mers, voire l’immensité de l’espace ?

Aux découvreurs, qui jadis dessinèrent les contours du monde, ont succédé les explorateurs, qui ont rempli de leurs aventures les zones blanches et grises des cartes. Mais elle est bien loin, l’époque où l’anthropologue norvégien Thor Heyerdahl traversait l’océan sur son radeau baptisé le Kon-Tiki, ralliant l’archipel des Tuamotu-Gambier depuis le port de Callao, au Pérou. Pendant les 8 000 kilomètres navigués du 28 avril au 7 août 1947, la montre étanche qui lui fut fournie par l’horloger Eterna aura résisté à l’humidité, aux chocs comme au sel pour lui permettre de calculer chaque jour le cap de son embarcation faite de rondins de balsa.

Désormais, alors que tout a été visité, cartographié, voire pollué, du plus profond au plus élevé, que reste-t-il à explorer ? Et qui sont les explorateurs d’aujourd’hui ? Aux côtés d’un Jean-Louis Étienne demeure au moins Mike Horn : « Le monde a changé. Récemment, avec la fonte des glaces, je suis allé dans un fjord où jamais personne avant moi n’avait navigué », confie-t-il. À 57 ans, le Sud-Africain est sans doute l’un des aventuriers les plus célèbres, et les plus modestes de la planète. Il a arpenté la cordillère des Andes, traversé l’Amérique du Sud durant six mois, fait le tour du monde en latitude 0 sur l’équateur… Ses exploits polaires sont entrés dans l’histoire de l’exploration, du pôle Nord dans le noir (2006) à l’expédition Pole2Pole (2017-2019) : une traversée de l’Antarctique en solitaire, sans engin motorisé et sans ravitaillement, en 57 jours, où il faillit laisser la vie.

Pour de tels exploits, là aussi, un bon garde-temps relève de la dotation de base. « Quand le président du groupe Richemont, Johann Rupert, m’a dit : “On va te faire une montre à porter dans tes aventures”, il a vraiment fallu qu’elle soit adaptée. Quand tu es au pôle Nord, avec le magnétisme, plus rien ne marche. Le projet nécessitait donc un modèle amagnétique. Avec le froid, à - 18 °C, les engins numériques gèlent. Les horlogers ont aussi dû changer les huiles du mouvement mécanique, sinon elles se seraient figées. Et quand il fait nuit toute la journée, tu as besoin que le cadran soit parfaitement lisible grâce au Super-LumiNova. » Depuis, sa Panerai prête à tout n’a jamais quitté son poignet, la marque allant même jusqu’à lui dédier quelques séries limitées.

Pour Mike Horn, « avant, quand on partait en expédition, on y allait à fond. On se fixait un but, un objectif, quelque chose à accomplir que personne n’avait fait avant soi. Aujourd’hui, les nouveaux explorateurs se mettent moins en danger. Ils veulent d’abord partir à la découverte de la planète, faire un état des lieux. » Lui aussi retourne dans les endroits où il est allé ces vingt dernières années. « Ce n’est pas particulièrement pour dire que tout va plus mal, mais plutôt pour comparer et faire le point », explique le promoteur du projet environnemental Pangaea X. C’est également ce que fait l’artiste américaine Zaria Forman, incarnation de la collection Overseas de Vacheron Constantin : par ses pastels réalisés à partir de photographies prises dans les lieux les plus reculés du monde, elle témoigne de l’évolution des paysages.

Pour autant, l’aventure est encore possible, comme le prouve Simon Messner. Le natif des montagnes italiennes du Trentin-Haut-Adige a pris en décembre dernier le départ de l’Antarctic Ice Marathon, marchant ainsi dans les pas de son père, Reinhold Messner, qui, en 1990, avait traversé l’Antarctique à pied sur 2 800 km sans assistance animale ni motorisée. « Je me décrirais plus comme un alpiniste traditionnel, un aventurier, qu’un explorateur. Je recherche des expériences marquantes, durables. De nos jours, le monde est largement exploré. C’est pourquoi j’utiliserais personnellement le terme d’“explorateur” avec une certaine prudence. Mais quiconque quitte les sentiers battus reviendra chez lui avec un grand vécu », dit le trentenaire qui a emporté, dans son périple, une Montblanc 1858 Geosphere 0 Oxygen South Pole Exploration, au boîtier ne contenant pas d’oxygène. « Pour moi, une montre ne sert pas seulement à connaître l’heure réelle. Au fil des années, celle que je porte lors de mes aventures devient une partie de moi. Chaque égratignure se transforme en souvenir. »

Des explorateurs, il en reste encore. Rolex en soutient depuis des décennies via son initiative Perpetual Planet. Telle Dawa Yangzum Sherpa, cette guide de haute montagne népalaise qui, à l’âge de 21 ans, en 2012, a gravi le sommet le plus élevé sur terre. Elle qui a déjà conquis huit des quatorze cimes de plus de 8 000 mètres a aussi pris part à l’expédition de la première équipe 100 % féminine du Népal à gravir le K2, la « montagne sauvage », le pic le plus meurtrier au monde. Elle organise chaque année un cours pour enseigner l’escalade en haute altitude à ses congénères et compatriotes… et leur montrer qu’elles sont capables de déplacer des montagnes !

Au fond des mers, c’est sous le pôle qu’Emmanuelle Périé-Bardout porte, aux côtés de son mari Ghislain Bardout, le programme Under the Pole. Cette ancienne coéquipière de Jean-Louis Étienne repousse les limites de l’exploration sous-marine. Dans le cadre du programme Twilight Zone Exploration (2017-2021), plongeurs et scientifiques ont parcouru les mers du globe et en ont étudié les écosystèmes. Pour ce faire, ils ont même développé et testé une capsule de plongée permettant de rester plus longtemps sous l’eau afin d’observer la vie marine.

À l’opposé des abysses, la conquête spatiale n’en est encore qu’à ses premiers pas. Rares sont ceux à avoir échappé à la gravité terrestre, et plus encore à avoir foulé le sol de la Lune. Omega demeure indissociable de l’histoire des missions spatiales, passées et à venir. Sa Speedmaster, montre de dotation de la Nasa comme de l’ESA, est la seule à pouvoir se prévaloir officiellement d’avoir été utilisée sur notre satellite. Et même d’avoir contribué à sauver la vie de l’équipage d’Apollo XIII, en 1970. Un « échec réussi » entré dans l’histoire de l’humanité, comme les premiers pas d’Armstrong et Aldrin sur la surface de la Lune.

Demain, ce sera peut-être au tour de Thomas Pesquet de retourner là-bas, avec une Omega Skywalker X-33 en titane au poignet. Une version réactualisée de la montre jadis conçue à partir d’une invention de l’astronaute français Jean-François Clervoy. Elle a déjà survécu aux pires tests : dépressurisation et repressurisation, radiations spatiales, vibrations intenses (comme celles subies lors du lancement), tests centrifuges à une vitesse atteignant 5 G à 7 G, et performances à la température du vide spatial, allant de - 45 °C à + 75 °C. De quoi affronter sans crainte la vitesse écrasante d’un décollage et le froid absolu de l’espace, l’ultime frontière.

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