Permanente, nouvelle vague ou comment les adolescents ont réhabilité les bigoudis!

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En vogue dans les années 1980, cette technique de frisage un poil rétro fait son retour dans les salons de coiffure à la demande des… ados ! Sous l’influence des boys band et de la K-pop, les 12-20 ans ne jure plus que par la coupe «taper» et les ondulations «perm». Décryptage.

Ne leur parlez surtout pas de permanente, encore moins de mise en pli. Eux préfèrent les termes de « waves » (ondulations) et de « curly » (bouclés). Pourtant, la technique à laquelle succombent de plus en plus de jeunes Français pour donner du mouvement à leur coiffure est exactement la même que l’indéfrisable de nos grands-mères. « On utilise les mêmes rouleaux et les mêmes formules, l’une qui dessine les crans, l’autre qui les fixe, pour un résultat identique : du lisse, on passe à une forme bouclée qui va durer jusqu’à la repousse, entre deux et six mois. C’est le même principe qu’une coloration puisqu’on modifie chimiquement la nature du cheveu. Ici, on agit non pas sur sa teinte mais sur sa texture », explique le coiffeur studio Alexis Parente.

Et les apprentis beaux gosses de patienter sagement, bigoudis sur la tête, pendant une heure ou deux avant d’afficher leur crinière sur les réseaux sociaux. Le hashtag #menperm comptabilise à ce jour près de 39 millions de vues sur TikTok. « Cette tendance vient principalement de la K-pop (ces boys bands à succès de Corée du Sud, NDLR). À chaque fois qu’un garçon me demande une permanente, il me montre des photos de chanteurs du groupe BTS et d’acteurs de séries coréennes qui ondulent leurs cheveux raides… Mais aussi de nombreux influenceurs comme les Allemands d’Elevator Boys, qui publient régulièrement des vidéos de leur routine beauté pour obtenir de jolies boucles. »

Bigoudis en « quinconce », « damier », « hérisson »…

Curieux phénomène que le retour de ce procédé né en 1906 avec l’invention de la machine à permanente et ses bigoudis métalliques chauffés à l’électricité par l’Allemand Karl Nessler – la technique à froid à base d’une solution à l’ammoniaque sera, elle, commercialisée en 1945. Longtemps considérées comme un préalable impératif à toute coiffure, les ondulations longue durée seront peu à peu délaissées par les femmes au profit du brushing (moins fastidieux) puis complètement oubliées avec le triomphe du cheveu lisse. Si casques, bigoudis et odeurs âcres typiques de la permanente avaient disparu de la plupart des salons, la technique désuète, voire ringarde pour certains, reste pourtant au programme du CAP coiffure.

L’acteur franco-américain Timothée Chalamet Axelle/Bauer-Griffin/FilmMagic

« C’est un geste très précis qui met souvent les élèves en difficulté car il y a de nombreuses étapes et le résultat est indélébile, on ne peut pas revenir en arrière. Il s’agit donc de ne pas se louper ! C’est un geste indispensable pour inculquer aux apprentis coiffeurs la dextérité », explique de son côté Céline Delabasserue, propriétaire d’un salon dans le 20e arrondissement de Paris. La méthode d’enroulage, le diamètre des bigoudis et leur disposition sur la tête, en « quinconce », en « couette », en « damier », en « hérisson », le temps de pause et les produits utilisés en fonction de la nature du cheveu, s’il est coloré ou non, vont déterminer le dessin des boucles dans la coiffure. « Mais le style demandé aujourd’hui par les ados n’a rien à voir avec les permanentes des années 1980, tout en volume exagéré et frisettes serrées. Ici, l’effet obtenu avec des rouleaux plus larges se veut beaucoup plus souple », observe la spécialiste. Plutôt Timothée Chalamet que Michel Polnareff, donc.

Bene Schulz, chanteur du boys band allemand Elevator Boys Jeremy Moeller/Getty Images

Et si certains hésitent à franchir le pas de cette mise en pli durable, tous les garçons de la Gen Z ont quasiment adopté le même look capillaire. À savoir une coupe taper (rétrécir en anglais), qui correspond à un dégradé en cône, soit une masse de cheveux sur le dessus de la tête qui s’estompe progressivement sur les côtés et l’arrière du crâne jusqu’à être rasée à blanc au niveau de la nuque et le contour des oreilles. Et si les cheveux sont coiffés vers l’avant, retombant plus ou moins longs sur le front, on l’appelle coupe casquette. « Cette coiffure que l’on voit partout dans la rue a l’avantage de convenir à toutes les natures de cheveux. Même si les jeunes préfèrent la porter, là encore, bien bouclée en utilisant des sprays coiffants pour donner du ressort et des cires texturisantes afin de froisser la matière », remarque Christophe Martins, coiffeur barbier chez Mademoiselle Moustache. Dans son salon parisien, les plus jeunes prennent même rendez-vous tous les quinze jours pour retoucher pointes et dégradé.

Sur le compte Instagram de l’Américain Kevin Hair Salon, images avant-après de la permanente au masculin. Kevinhairsalon

Content Source: www.lefigaro.fr

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