Pourquoi Breitling rachète le couturier de l’horlogerie

Share

Breitling vient d’annoncer le rachat d’Universal Genève. Une marque mythique à relancer. George Kern, son président, explique les raisons de cette renaissance.

Breitling vient de racheter celle que l’on surnommait jadis le couturier de la montre. Propriété du groupe Stelux depuis 1989, Universal Genève avait été relancée à deux reprises, mais sans succès. Son modèle le plus illustre : la Polerouter, un des premiers designs commandés à Gérald Genta, au début des années 1950. La marque était jadis à la pointe de l’innovation, offrant notamment une variété impressionnante de chronographes Compax. De quoi susciter sans aucun doute l’engouement des nombreux amoureux d’Universal Genève. C’est en fait un véritable groupe horloger que Georges Kern est en train de créer avec cette renaissance d’une grande maison, alors que les montres néo-vintage n’ont jamais eu autant de succès.

Pourquoi Breitling rachète le couturier de l’horlogerie. Breitling / Universal Genève

Comment s’est fait ce rachat d’Universal Genève ?
Georges Kern : La marque appartenait à des investisseurs thaïlandais résidant à Hong Kong. Nous discutions avec eux depuis plus d’un an. Ils ne voulaient pas vraiment vendre. Mais nous avons eu de la chance car Stelux ne voyait pas de meilleur acheteur que nous ! Ils ont un tel attachement émotionnel à la marque qu’ils voulaient être sûrs qu’elle soit bien gérée : leur grand-père était horloger chez Universal Genève. Le lien historique et émotionnel est très fort. Ils m’ont dit « Les seuls qui puissent le faire, c’est vous » . Toute l’histoire de cette maison est exceptionnelle, et je vais continuer à en apprendre tous les jours sur elle. Sur cette marque, tout est à refaire, mais il y a tout pour réussir. Nous allons certainement réussir avec Universal Genève. D’autant plus que les détaillants sont en attente de nouvelles belles marques qui marchent à accueillir dans leurs boutiques.

Pourquoi Breitling rachète le couturier de l’horlogerie. Breitling / Universal Genève

Comment gérer deux marques en même temps ?
Universal Genève sera une marque à part entière avec des équipes dédiées que nous sommes en train de mettre en place. Je fais entièrement confiance à notre Directeur de Création, Sylvain Berneron, qui collabore à ce projet avec la plus grande attention. Il est également fortement impliqué dans le design du mouvement. Car un calibre, cela se dessine aussi. Tous nos responsables produits sont des passionnés de la marque et connaissent tout sur elle. Nous allons respecter l’esprit de la marque, tout en innovant. Hasard du calendrier : un livre rédigé par deux collectionneurs vient tout juste de paraître, il est dédié à notre modèle iconique : Polerouter ! Imaginez que, jadis, Universal Genève a même fait des pièces pour Hermès et Tiffany. Il y avait aussi cette fameuse pièce, la Cabriolet, une des premières montres réversibles.

Comment ont réagi les passionnés à cette annonce ?
L’annonce de cette renaissance leur a fait très plaisir. Si nous réussissons, nous allons écrire une nouvelle page de l’histoire horlogère. Nous allons mettre en place un comité consultatif avec des experts du monde vintage pour avoir le ressenti des fans de la marque et ne pas commettre d’erreur. L’histoire d’Universal Genève est très riche. Les attentes sont grandes et nous devons prendre le temps de faire les choses correctement.

Pourquoi Breitling rachète le couturier de l’horlogerie. Breitling / Universal Genève

Quelle est la richesse du catalogue de cette belle endormie ?
L’héritage de la marque est immense. Nous avons de la chance car notre source d’inspiration sera intarissable. Les dernières créations pertinentes ont été réalisées dans les années 1970, avant que la marque ne décline. Il est important de rappeler que notre slogan des années 1960 était « le couturier de la montre ». Nous devrons surprendre la communauté. Les amateurs se souviennent d’Éric Clapton et de son Tri-Compax, mais aussi de Nina Rindt, épouse du célèbre champion de Formule 1 Jochen Rindt et icône du swinging London, qui portait son chronographe sur un superbe bracelet manchette. C’est tout simplement extraordinaire !

Content Source: www.lefigaro.fr

En savoir plus

Nouvelles récentes