Qui est Louise Trotter, la nouvelle directrice artistique de la maison Carven?

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Louise Trotter en septembre dernier à l’issue de son premier défilé Carven. Photo: Isidore Montag/SDP

La styliste britannique cultive une allure aussi minimale que radicale, qu’elle applique désormais à la très parisienne maison.

Sa parole est à l’image de son allure: dénuée de tous détails superflus, pensée pour aller à l’essentiel. Pragmatique, en somme. Un terme que Louise Trotter utilise d’ailleurs pour expliquer son approche stylistique, elle qui occupe depuis février le poste de directrice artistique de la maison Carven, après cinq ans passés chez Lacoste. Elle est la première femme, depuis Marie Louise Carven (née Carmen de Tommaso et fondatrice de la griffe en 1945), à prendre les rênes créatives de cette belle endormie qui ne défilait plus depuis 2018. Un nouveau challenge pour celle qui a développé très tôt un goût pour le vêtement, qu’elle voit autant comme une forme d’expression personnelle qu’un moyen de s’évader.

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Enfant, je voulais soit être infirmière, pour pouvoir porter l’uniforme, soit créatrice de mode, explique la Britannique. C’est peut-être cliché, mais j’étais cette petite fille qui cousait des vêtements pour ses poupées. Je ne me suis plus jamais arrêtée, transformant mon uniforme scolaire, suivant les modes et la culture musicale anglaise, de Joy Division à Everything but the Girl.»

Défilé Carven printemps-été 2024, par Louise Trotter. Photo: Isidore Montag

À écouter Louise Trotter, sa nomination chez Carven est avant tout une question de timing – «la rencontre des bonnes personnes, au bon moment». Elle se réjouit d’avoir rejoint une maison dotée d’un héritage riche, mais dénuée d’une silhouette trop marquée ou d’une icône particulière qui aurait pu entraver sa vision créative. Cette dernière s’est exprimée pour la première fois en septembre lors de la Fashion Week de Paris printemps-été 2024, au fil d’une quarantaine de silhouettes. Une collection tout en retenue, jouant sur les volumes – taille marquée, épaules (sur)gonflées – et déclinée dans une palette d’une grande sobriété.

À peine Louise Trotter s’est-elle autorisée quelques éclats de couleur et une touche de fantaisie du côté des accessoires. Je pense que la silhouette de Carven a le charme du passé tout en étant facile à vivre aujourd’hui, précise-t-elle. C’est une vraie femme que nous voulons habiller. Une femme qui vit une vraie vie, qui est occupée, qui veut des vêtements fonctionnels. Et d’ajouter: Je veux que Carven soit une maison que les gens aiment et dont ils se sentent partie prenante. Je veux continuer à évoluer mais avec prudence, dans un esprit de continuité, tout en faisant de Carven une maison forte, et reconnue.

Défilé Carven printemps-été 2024, par Louise Trotter. Photo: Isidore Montag

Nom/

Louise Trotter

Lieu/

Originaire du nord de l’Angleterre, la créatrice britannique a longtemps partagé son temps entre Londres et Paris, avant de s’établir définitivement dans la Ville lumière.

Études /

Fascinée très tôt par la transformation des vêtements, elle a étudié le stylisme à l’université de Newcastle.

Débuts /

Élément clé du développement de la griffe anglaise Whistles dans le courant des années 1990, elle devient ensuite vice-présidente de la création du prêt-à-porter Calvin Klein en 2001, avant d’occuper des postes similaires chez Gap et Tommy Hilfiger.

Lancement /

Sa nomination chez Joseph, en 2009, la propulse sous les feux de la rampe. Pendant neuf ans, elle étend ainsi la renommée de la marque, défile à la Fashion Week de Londres, et inaugure les lignes homme et accessoires. Outre-Manche, la presse la sacre parmi «les femmes les plus influentes de la mode britannique».

Collaborations /

Louise Trotter a pioché dans le corpus d’œuvres d’Alison Watt pour le carton d’invitation de son premier défilé Carven. Une peinture à l’huile ultraréaliste, figurant une page blanche marquée de plis. Ce tableau est aussi la première image que l’Anglaise a épinglée sur le moodboard de sa future collection, comme le symbole d’un nouveau départ.

Content Source: www.lefigaro.fr

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