Bellefleur | Place à la « masculinité positive »

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C’est une histoire d’amitié, de rêves de paternité brisés, de retrouvailles aussi. Guillaume Laurin, Marc-André Grondin et Guillaume Cyr (entre autres !) se retrouveront prochainement au petit écran, dans une télésérie chorale sur l’amitié entre hommes comme on en voit rarement. Au menu : émotion, vulnérabilité, fraternité.




Exit ici la masculinité toxique, on l’aura compris. Place, au contraire, à la « masculinité positive ». C’est écrit tel quel dans le communiqué annonçant le tournage de cette série originale et résolument moderne baptisée Bellefleur, qu’on attend sur Crave pour le printemps. Les 10 épisodes de 30 minutes seront réalisés par Jeanne Leblanc (Les Nôtres), avec une coquette distribution, à laquelle s’ajoutent notamment Sarah-Jeanne Labrosse, Marilyne Castonguay, Nathalie Doummar et Sarah-Maude Beauchesne.

C’est au duo composé de Sarah-Maude Beauchesne et de Nicola Morel (des amoureux dans la vie) que l’on doit aussi cette idée originale et ce scénario différent, senti et inspiré, volontairement inspirant. Nous y reviendrons.

La trame principale du récit ? « J’ai envie de dire : l’amitié », répond sans hésiter la réalisatrice Jeanne Leblanc, accrochée en marge du tournage, ouvert aux médias lundi, dans une école secondaire du nord de l’île de Montréal. « Il y a toute une réflexion sur la force de ces amitiés-là », dit-elle, en se félicitant de déconstruire plusieurs stéréotypes masculins au passage.


PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

La réalisatrice Jeanne Leblanc

Le point de départ : la rupture d’un certain Nicolas, alias « Nico », incarné par Guillaume Laurin (abonné aux rôles de « bad boys », qu’on verra ici dans un premier premier rôle, en bon gars de surcroît), qui perd avec cette séparation son rôle de « beau-père ».

Pour encaisser le choc de cette paternité soudainement avortée, il retourne dans son patelin, y retrouve son frère et ses amis de jeunesse (dont son meilleur ami, incarné par Marc-André Grondin). En gros : les membres de « sa gang », et leurs copines, autour de laquelle se tricotera toute la série, devine-t-on.


PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Le plateau de tournage de la télésérie Bellefleur, avec Marc-André Grondin, qui incarne un certain Yann, professeur d’anglais dans une école secondaire.

On n’en saura pas plus sur les intrigues parallèles, qu’on nous dit solides et dramatiques, avec un soupçon d’humour pour rendre le tout digeste. Il s’agit ici d’une comédie dramatique, après tout.

« Tout le monde a un peu sa trame, c’est très sentimental, confie aussi Guillaume Laurin. Ce sont des gars qui vivent de grosses affaires dans leurs vies émotives. Et ce sont des gars qui ont une gang d’amis pour en jaser. »


PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Guillaume Laurin en 2020

Je n’aurais pas pu rêver d’un meilleur premier rôle à la télé.

Guillaume Laurin, comédien

Oui, Guillaume Laurin, qu’on a rarement vu dans un rôle aussi tendre, quoiqu’écorché (« il est dépassé par un amour trop grand pour un enfant qui n’est pas le sien ! »), se reconnaît « beaucoup » dans ce portrait. « Moi, je suis très proche de mes émotions avec mes amis, totalement introspectif », confirme celui qui incarnait par ailleurs l’amoureux un brin toxique de Sarah-Maude Beauchesne dans Fourchette. « Post #metoo, on a nommé certaines choses, notamment la masculinité toxique. […] Mais c’est comme si ce n’était devenu que ça, la masculinité », déplore le comédien, heureux d’explorer d’autres avenues plus prometteuses.


PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Le comédien Maxime De Cotret incarne le frère du personnage principal dans Bellefleur, nouvelle télésérie québécoise à venir sur Crave.

Même son de cloche de la part de Maxime De Cotret (qui incarnera le frère de Nico à l’écran). « Peut-être que je suis chanceux, mais moi, ma gang de gars, mes amis, on est tous proches de nos émotions. » Il espère aussi que les spectateurs se reconnaîtront dans ces portraits d’hommes « bienveillants », capables d’écoute et de communication. Des hommes qui « se voient comme ils sont, sans jugement », résume-t-il.

C’est justement parce qu’il ne se reconnaissait pas à l’écran que Nicola Morel (concepteur en développement télé chez Trio Orange) a voulu se lancer dans ce projet de télésérie sur l’amitié. « À plein de niveaux, dit-il, j’étais frustré par ce que je voyais [à l’écran]. »

J’ai eu envie de mettre quelque chose d’autre en scène pour que les gars enregistrent ça […], pour inspirer, pour montrer ce qu’on aimerait qu’il se passe davantage.

Nicola Morel, coauteur de Bellefleur

C’est-à-dire ? Une série « pour les gars qui sont vraiment là les uns pour les autres ». Pensez : des amitiés plus fortes que tout, des gars qui s’aiment et qui se le disent, qui se parlent et qui s’écoutent, quoi.


PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Les auteurs de la série : Sarah-Maude Beauchesne et Nicola Morel

Pendant trois ans, il s’est donc penché sur le sujet avec son amoureuse, la comédienne, scénariste et autrice Sarah-Maude Beauchesne (Le chalet, Cœur de slush), et ensemble, ils se sont posé plusieurs grandes et existentielles questions : « C’est quoi, être un homme, paraphrase-t-elle, c’est quoi, être un homme féministe, c’est quoi, être un homme féministe et sortir avec une femme féministe. » Surtout : « Comment est-ce qu’on s’organise dans un couple hétéro pour que ça continue d’être sain ? […] Et c’est tout ça qu’on retrouve dans Bellefleur. »

Produite par Trio Orange, en collaboration avec Bell Média, la télésérie Bellefleur atterrira sur Crave au printemps.



Content Source: www.lapresse.ca

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