Le docu de la semaine | Autrement dit : dédramatiser la sexualité

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Ce n’est pas parce qu’on parle de sexe un peu partout dans la société qu’on en parle bien. Soucieuse de bien faire comme maman, Marilou passe outre à ses propres craintes et aborde de front la sexualité dans le troisième volet d’Autrement dit.




La série Autrement dit tourne autour de son animatrice Marilou. Elle en est plus que l’animatrice : les émissions sont construites à partir des sujets qui la préoccupent et des questions auxquelles elle cherche des réponses. Après avoir exploré les thèmes des affaires et de l’amour, la communicatrice et entrepreneuse en arrive à la sexualité.

Ses propres limites sont posées d’entrée de jeu. Marilou avoue en effet, dès le premier épisode, n’avoir pas eu d’éducation sexuelle et dit aspirer à parvenir « à parler de sexualité sans gêne ni crainte ». On comprend que c’est dans le but d’offrir à ses enfants davantage que ce qu’elle a reçu.

Le ton de la série qu’elle pilote est empreint de « bienveillance pédagogique ». Cette approche assez prudente est sans doute destinée à conforter les parents – public cible de l’émission – qui se sentent mal à l’aise de parler de sexualité avec leurs enfants ou leurs ados et à faire en sorte qu’ils ne se sentent pas jugés.

IMAGE TIRÉE DE LA SÉRIE AUTREMENT DIT : LA SEXUALITÉ

Varda Étienne offre un témoignage franc et pertinent à Marilou.

Quand commencer à parler de sexualité ? Quoi dire ? Doit-on s’inquiéter de l’accès facile à la pornographie ? Des interactions sur les réseaux sociaux ? Parler de sexe incite-t-il les enfants ou les ados à faire des expériences de manière précoce ? Marilou et son équipe n’ont mis de côté aucune question même si, a priori, certaines peuvent sembler banales ou franchement naïves.

Idées préconçues

Le premier épisode s’intéresse aux premiers contacts avec la sexualité. Il n’est pas spécifiquement question de la fameuse « première fois » ici, mais plutôt de la découverte de son corps et de l’impact que peut avoir une mise en contact précoce avec la pornographie. Ce genre de contenu explicite peut en effet avoir une influence sur l’image de soi, sur sa vie intime et sur sa vision des rôles sexuels.

Il est beaucoup question d’un autre médium qui inquiète bien des parents dans le deuxième épisode, les réseaux sociaux. Non sans raison : la cyberintimidation et la sextorsion sont des phénomènes bien réels, aux conséquences parfois tragiques. Ici, une nuance aurait pu trouver sa place dans l’émission : l’internet et même les réseaux sociaux peuvent parfois constituer une source d’information crédible au sujet de la sexualité. Pas sur Pornhub, bien sûr.

C’est l’unique défaut des deux premiers épisodes (les seuls qu’on a eu l’occasion de voir) : ils s’articulent en partie autour de craintes.

Ou, à tout le moins, d’idées préconçues qui ne sont pas toutes également déconstruites. La rencontre de Marilou avec Varda Étienne, qui parle franchement de l’éducation sexuelle et relationnelle qu’elle donne à ses trois enfants, est riche. Celle avec Cynthia Wu-Maheux, qui parle de son exposition précoce à la porno, n’est malheureusement pas assez transparente pour atteindre son objectif.

Les autres épisodes aborderont les dépendances, les fantasmes, les relations de pouvoir et de séduction, puis la « vraie intimité ». Avec des invitées comme Lysandre Nadeau, Danielle Ouimet, Dominique Bertrand et Vanessa Pilon. Des spécialistes comme des sexologues s’expriment aussi dans tous les épisodes.

Autrement dit : la sexualité embrasse large, ce qui est tout à son honneur. En posant mille questions, l’animatrice touche autant à la communication, au consentement, à la confiance en soi, au respect, aux tabous, à la liberté, à la consommation d’alcool qu’à la socialisation au sens large.

C’est sans doute la principale qualité de la série : elle n’aborde pas la sexualité en vase clos, comme s’il s’agissait d’une vie plus ou moins parallèle. Elle cherche plutôt à l’inscrire dans le quotidien, à ouvrir un dialogue décomplexé et à redonner confiance aux premiers éducateurs des jeunes en matière de sexualité comme en toute chose, c’est-à-dire les parents.

Dès le 14 février, dans la section Véro.tv d’ICI Tou.tv/extra



Content Source: www.lapresse.ca

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