Martin Fourcade, seul sur scène avec Hors-piste

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Le sportif français le plus titré aux Jeux olympiques sera visible prochainement au théâtre, seul en scène pour «Hors piste». JOEL SAGET / AFP

CRITIQUE Le champion de biathlon monte sur scène pour dire au revoir au public, celui qui l’a soutenu à chaque épreuve de biathlon. Un nouveau départ mis en scène.

Jeudi 9 novembre, la grande salle du Théâtre du Rond-Point est pleine à craquer. Parmi les spectateurs, Claude Lelouch et une foule d’anonymes. Certains n’ont sans doute jamais poussé la porte d’un théâtre. D’autres n’ont peut-être jamais vu une course de Martin Fourcade.

Le biathlète est pourtant le sportif français le plus titré aux Jeux olympiques, été et hiver confondus – cinq médailles, sans compter ses onze titres de champion du monde individuel.

Sur le devant de la scène

Le 14 mars 2020, il dispute sa dernière course sur les pistes de Kontiolahti, en Finlande. Une dernière victoire à huis clos à cause du Covid-19. Une apothéose et la frustration de se retirer sans dire au revoir à ceux qui l’ont encouragé et applaudi au fil des ans. Il aurait pu signer une série avec Netflix (cela viendra peut-être) ou écrire un livre (il en a déjà publié deux).

Il a choisi le théâtre. Un seul-en-scène intitulé Hors-piste. Après Grenoble et Paris, Fourcade sillonnera la France jusqu’en mars, de Perpignan à Colmar, pour une tournée d’adieu qui lui permet d’épauler une dernière fois sa carabine en public.

Non pas une arme, mais un prolongement de lui-même. Pour les profanes, il est bon de rappeler que le biathlon associe le ski de fond et le tir à la carabine. Pourquoi pas la pétanque et la natation ? Fourcade a eu droit à la question des milliers de fois. Il y répond encore, rappelant que son sport vient des chasseurs norvégiens. Se déplacer et survivre n’ont alors rien d’un jeu.

Fourcade, lui, est un enfant des Pyrénées élevé au grand air. Son frère aîné, Simon, son modèle, le précède en équipe de France. Pourtant, aux JO de Vancouver de 2010, c’est lui, Martin, le cadet, qui monte sur le podium, médaille d’argent autour du cou. Simon est en pleurs. La jalousie le ronge. La rupture est inévitable. Martin choisit de devenir un champion. Il assume son égoïsme – la réconciliation viendra plus tard.

Un nouveau chapitre pour le biathlèle

Cette scène fondatrice ouvre le spectacle et lance le récit. Fourcade raconte sa vie et sa carrière d’athlète de haut niveau. Sans les glorifier ni les banaliser. Les trente heures d’entraînement par semaine. L’obsession de la gagne. La routine. La pression médiatique. L’effondrement en 2019 et le come-back en 2020. S’il a profité d’une prédisposition hors norme – 24 battements de cœur par minute, son « don de super-héros », Fourcade n’a pas laissé grand-chose au hasard.

L’athlète ne se prend pas pour un acteur, mais les planches ne lui font pas peur. Ni images d’archives ni extraits de course pour lui servir de béquilles. La scène est son domaine.

Elle lui permet de retarder cette petite mort qu’est la retraite d’un sportif. Le lendemain de la dernière représentation, Fourcade, 35 ans et père de trois enfants qu’il a enfin le temps de voir grandir, commencera le premier jour du reste de sa vie.

Le 14 novembre à Équinoxe, scène nationale de Châteauroux, les 22 et 23 novembre aux Célestins à Lyon, puis en tournée.

Content Source: www.lefigaro.fr

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