Odile Gamache | Un théâtre d’objets pour contrer la dématérialisation

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Premier spectacle à titre d’autrice d’Odile Gamache, Le magasin est une pièce qui rend hommage aux commerces de proximité. Une expérience sensorielle où l’on voit l’âme de la matière et des objets s’animer sur scène.

L’inspiration d’Odile Gamache pour son projet du Magasin, amorcé avec le directeur artistique du Prospero, Philippe Cyr, lui est venue au fil de ses déambulations, de jour comme de nuit, sur la Plaza St-Hubert. La conceptrice de décors a été interpellée par la quantité de locaux vacants, et de vitrines délaissées. « Avec l’efficacité et la popularité du commerce en ligne, c’est tout un aspect de la vie de quartier qui va disparaître avec la fermeture des commerces de détail. J’ai voulu montrer notre rapport concret avec les objets et la matière », dit-elle.

Son spectacle à l’italienne est un croisement entre le théâtre d’objets, la marionnette et l’installation. Il met en scène un magasin qui nous fait vivre son ultime soirée, sa dernière danse, son au revoir à sa marchandise. « Le magasin devient ici un personnage, poursuit-elle. Le public/client est invité à admirer les éléments qui composent sa vitrine : présentoirs rotatifs, marquise clignotante, socles d’allure antique et rideaux baroques. Je suis la manipulatrice et je fonctionne avec une artillerie théâtrale classique, très simple. »

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

La conceptrice Odile Gamache au Prospero la semaine dernière

Il n’y a rien de technologique dans le show. On est à fond dans l’artisanal !

Odile Gamache

La dématérialisation du quotidien

Odile Gamache veut créer un ballet d’objets hypnotique, dans une chorégraphie de textures, de tissus et d’ambiances lumineuses. Au cœur de sa proposition, il y a cette question simple : est-ce que la scénographie peut raconter une histoire durant une heure et générer des émotions chez le public ? Elle souhaite que ce dernier réponde par l’affirmative à la fin de la représentation. Car pour elle, concevoir un théâtre entièrement artisanal en 2024 est « une manière de résister à la dématérialisation de notre quotidien, à la distance qui s’est installée entre nous et la terre ».

Diplômée en scénographie de l’École nationale en 2013, Gamache est arrivée dans le milieu théâtral un peu par accident. « J’ai toujours été curieuse des formes et des objets en art. Je m’orientais d’abord vers l’architecture ou le design graphique. J’ai opté pour l’École parce que ma mère [Johanne Prégent] faisait un documentaire sur l’institution. »

Qu’est-ce qui est différent dans un spectacle lorsque l’autrice est aussi scénographe ? « Le résultat donnera un spectacle chaleureux et hypervisuel. Avec, à l’avant-plan, la lumière, le décor et les accessoires qui, à mon avis, nous parlent avec autant d’amour que les mots. »

Le magasin, du 16 au 27 avril, au Théâtre Prospero



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Au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, du 25 avril au 3 mai

Stéphanie Morin, La Presse



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Esquive

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À la TOHU, du 24 au 28 avril

Stéphanie Morin, La Presse



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