One 1ife | Au théâtre comme dans les jeux vidéo

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Tête d’affiche du festival Osheaga en août prochain, Noah Kahan, auteur-compositeur-interprète et vedette de TikTok, ameute les foules partout où il passe grâce à son indie-folk accrocheur. Décryptage d’un phénomène, juste avant le passage de l’artiste au Centre Bell ce week-end.




Marc-André Brunet en est bien conscient : c’est parfois à reculons que les adolescents se rendent au théâtre. Habitué de donner des ateliers de médiation culturelle dans les écoles secondaires, il a pu le constater en discutant avec les élèves.

« Ils ont cette perception que le théâtre, c’est un truc un peu muséal, vieillot, poussiéreux », note-t-il.

Marc-André Brunet et son équipe du Théâtre Tombé du ciel sont, bien entendu, persuadés du contraire. « Ça peut être extrêmement contemporain. […] On peut traiter d’enjeux qui leur ressemblent », soutient celui qui est également comédien – il a été de la distribution de 5e Rang et de Yamaska.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Marc-André Brunet, auteur et metteur en scène de One 1ife

Comment en faire la démonstration aux adolescents ? « Le jeu vidéo nous paraissait comme une porte d’entrée très intéressante pour aller capter leur attention », indique le directeur artistique de l’organisme axé sur le théâtre jeunesse.

Plongeon dans le virtuel

One 1ife, dont la première aura lieu le 23 avril, met en scène Sam, une adolescente de 15 ans qui accumule les réussites dans un jeu de combats en ligne semblable au très populaire Fortnite.

« 9736 heures de jeu sans mourir : une des plus longues séquences jamais enregistrées », lance le personnage incarné par Rosalie Daoust, dans les premières minutes de la pièce. Car oui, Sam joue de manière compulsive. Elle multiplie les missions aux côtés de son ami Ali (Joakim Robillard), une intelligence artificielle qu’elle a elle-même créée.

Sur scène, ce monde virtuel est efficacement évoqué grâce à des costumes munis de bandes lumineuses, des projections sur grand écran et une musique rythmée omniprésente. Sans oublier les nombreux combats, évidemment.

« On présente l’aspect rêve du jeu vidéo dans toute sa splendeur », souligne le metteur en scène de 40 ans, qui avoue avoir beaucoup joué au Nintendo et à la PlayStation lorsqu’il était plus jeune.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

En répétition

Si Sam passe autant de temps derrière son écran, c’est dans l’espoir d’obtenir l’un des rares accès à une application où la vie éternelle est possible. Elle ne souhaite pas remporter ce privilège pour elle, mais plutôt pour sa mère mourante.

Il y avait quelque chose d’intéressant dans le fait de mettre en parallèle l’univers virtuel, qui est souvent très pétillant, coloré, vivant, rempli d’action et où l’on veut toujours passer du temps […], et la mort dans la vraie vie.

Marc-André Brunet, auteur et metteur en scène

D’autant plus que, quand on y pense, la mort est omniprésente dans les jeux vidéo, fait remarquer celui qui a fait du doublage pour quelques créations d’Ubisoft. « C’est assez souvent axé sur ça. Tu incarnes un personnage qui a une vie et qui va potentiellement mourir. Mais tu ne veux pas qu’il meure ! »

La perte d’un être cher est un sujet sombre, convient Marc-André Brunet, mais il est également essentiel d’en parler, même à un public composé d’adolescents, croit-il. Le théâtre, tout comme le cinéma ou la télévision, est à ses yeux un véhicule parfait pour aborder des thèmes plus difficiles, voire tabous.

« Faire des pièces sur le deuil, ça permet à tout un public d’en discuter et de se préparer à vivre ces choses-là qu’on va vivre inévitablement », croit l’auteur.

Technologie au quotidien

La pièce invite également les adolescents et leurs parents à s’interroger sur la place occupée par la technologie dans leur quotidien.

« Il faut parler de la présence du virtuel dans nos vies, de l’intelligence artificielle, d’à quel point on ne vit plus sans la technologie », pense Marc-André Brunet.

À travers sa pièce, il espère amener les jeunes à développer leur esprit critique face à ces avancées qui ont de bons et de moins côtés.

Dans One 1ife, l’application que souhaite obtenir Sam « promet de sauver les souvenirs de la personne, sa voix, son apparence, souligne l’auteur. Est-ce que ça a la même valeur que la vraie vie ? » La question est lancée.



Content Source: www.lapresse.ca

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