Viktor Vincent, Fantastik illusionniste

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CRITIQUE – Au théâtre de la tour Eiffel, le mentaliste perturbe les esprits avec son nouveau spectacle. Troublant

Ne vous fiez pas aux apparences. Ce que vous voyez n’est peut-être qu’une vue de votre esprit. Tel est le discours de Viktor Vincent, qui sème le doute dans la salle du Théâtre de la tour Eiffel, à Paris. Après Mental Circus, son dernier spectacle, intitulé Fantastik, brouille les frontières entre réalité et fantastique, justement. Troublé, fasciné, déjà égaré par la musique de son complice Romain Trouillet, le public se perd avec délectation et un peu de crainte dans le labyrinthe magique du mentaliste. « Ne fermez pas la porte », « fermez les yeux », conseille ce gourou moderne qui enchaîne des tours étonnants entre deux récits : télépathie, mentalisme, calcul mental…

Éclairé par Julien Dreyer, moustache à la Hercule Poirot, en cravate et costume, Viktor Vincent est d’abord un conteur. Il raconte d’une voix théâtrale les « signes » auxquels ont répondu, chacun à sa façon, l’écrivain Guy de Maupassant, l’illusionniste Harry Houdini, admirateur de Jean-Eugène Robert-Houdin, et le cinéaste Georges Méliès. Rappelant ainsi l’un de ses spectacles précédents, Les Liens invisibles (2017-2019). Leur disciple propose ensuite une séance de spiritisme collective comme elles se déroulaient à la fin du XIXe siècle. L’humour en plus parce qu’il n’est pas avare de plaisanteries pour mettre les amateurs de mystères en confiance.

Le hasard n’existe pas

Dès le début de la représentation, ces derniers sont prévenus, ils seront invités à monter sur scène. Mais Viktor Vincent ne force personne, il reste bienveillant, à l’écoute. « Vous vous appelez comment, encore ? », demande-t-il à plusieurs reprises. « Fait-il semblant de se tromper sur les prénoms ? », s’interrogent ses cobayes d’un soir. Pas si sûr. Une quinquagénaire accepte de voyager dans un autre monde. Assise, un sac sur la tête, elle a l’impression d’être touchée par le magicien, qui reste pourtant en retrait. Un garçon de 10 ans se porte volontaire pour remplacer le destin. Il jette des dés dans une bassine, décidant ainsi du sort d’un spectateur.

Comme hors du temps, le public familial joue le jeu. D’après Viktor Vincent, la chance est une fausse croyance et le hasard n’existe pas. On participe à ce qui nous arrive. Récompensé par un Mandrake d’or en 2015, né Vincent Rincheval, en 1980, dans les Hauts-de-France, l’auteur d’Apparition (Éditions Pocket) a lui-même commencé la magie par hasard, à 12 ans, dans une MJC. C’est le célèbre mentaliste Daniel Miraskill qui lui a transmis sa passion pour la magie. Emprise, son premier spectacle, en 2013, a vite rencontré le succès. Sans se tromper, on lui prédit un avenir radieux.

Fantastik , au Théâtre de la tour Eiffel (Paris 7e), jusqu’au 7 janvier 2024, puis en tournée.

Content Source: www.lefigaro.fr

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