Musée national de la marine: la puissance navale française racontée

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L’espace dédié à la marine de guerre française, dans la galerie voûtée du rez-de-jardin. TOURNEBOEUF/©Patrick Tourneboeuf/OPPIC/Tendance Floue

Une histoire qui commence tardivement avec l’absolutisme, mais d’une rapidité et d’une ampleur remarquables.

Pour mieux saisir l’utilité, la puissance et l’évolution de la marine de guerre française sur le globe, il faut parcourir le rez-de-jardin du Musée de la marine. Cette histoire commence avec l’absolutisme, lors du réveil de la flotte royale matérialisée par un portrait de Richelieu et un buste de Colbert. Un réveil tardif comparé aux capacités portugaises, espagnoles, anglaises et hollandaises. Mais d’une rapidité et d’une ampleur remarquables.

Au centre de la galerie, des maquettes montrent les progrès accomplis. De Rochefort à Toulon, de Brest à Cherbourg, les rois, empereurs et républiques se sont employés à faire construire des navires toujours plus efficaces. Et à impulser des formations de marins compétents. Pour cela, la plupart des modèles réduits qu’on admire étaient utiles. Leurs cotes, coupes et courbes servaient de standards aux charpentiers œuvrant à l’échelle 1. Ils permettaient aussi aux élèves d’apprendre le nom de toutes les parties, des voiles, des gréements, jusqu’aux ancres et aux nœuds. Et, pour les stratèges, ils résumaient d’un coup d’œil l’état des moyens. Telle la maquette de L’Artésien, qui a contribué à l’instruction navale du futur Louis XVI. Plus tard, Napoléon l’avait intégrée dans sa collection à Trianon.

Baleines mécaniques

Autres merveilles: les machines. Telle celle, en longueur, de corderie. Ou celle permettant de dresser les mâts à force d’homme. Jeux complexes et ingénieux de palans, câbles et crochets. Quant aux rouages de cuivre ou d’acier permettant de comprendre comment peut être décuplée la force de la vapeur, donc de la roue à aubes ou de l’hélice, ils brillent comme au premier jour. Se trouvent aussi détaillées les techniques d’attaque jusqu’à celle de l’abordage et les armes qui vont avec. Des tableaux de combats titanesques en figurent les conséquences chaotiques et effrayantes. Non loin, une plaque de fonte inventorie la force des boulets selon leur calibre. Peu après ces derniers pointent les obus avec leurs nouveaux canons toujours plus meurtriers. Dès lors apparaît cet autre colosse: le cuirassé. Le Hoche, par exemple, dont on découvre l’inquiétante silhouette digne des temps modernes. Sa notice précise qu’il était surnommé «Grand Hôtel» par les Français en raison de son élégante cascade de balcons. Mais aussi «Belle Cible» par les Allemands de Guillaume II. Notez à sa poupe ses filets pare-torpilles. Car le règne des sous-marins a commencé un peu avant la guerre de Sécession américaine. Et l’histoire de ces redoutables baleines mécaniques est aussi contée, avec celle ces porte-avions jusqu’à ceux nucléaires.

On peut même s’imaginer s’allongeant dans l’une des étroites et ergonomiques couchettes du Suffren. Autre reconstitution grandeur nature: la chambre du commandant en second du contre-torpilleur Mogador. Ce cadre austère mais élégant et confortable, cuir tabac et aluminium Art déco, est le mobilier original. Il n’a pas eu le temps d’être monté avant que le bâtiment périsse. C’était lors du sabordage de la flotte à Mers el-Kébir en 1942. Heureusement, il n’y a pas que des drames en mer sous les drapeaux. Il y a aussi de la vie. Et celle de tous les jours, des hamacs aux langages des quarts à prendre, est pareillement évoquée.

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